PIERRE BASTIEN et PHILIPPE DUPUY

Pierre Bastien et Philippe Dupuy : Imagerie par Résonance Mécanique

PIERRE BASTIEN et PHILIPPE DUPUY ont décidé de collaborer et présenter un concert dessiné en voulant pousser le concept dans ses retranchements. Pierre jouera son concert avec les machines qu’il aura créées pour la circontance ; Philippe dessinera en direct, sur papier, rétro- projecteur et palette graphique mais les papiers seront sonorisés, on entendra les coups de crayon ou de pinceaux, les caméras installées sur les machines de Pierre reprendront les dessins, dessins qui viendront également physiquement s’intégrer aux machines, jouer avec elles. Une infinité de possibilités que les deux artistes souhaitent developper lors d’une résidence en 2018.

Pierre : « Le projet de performance avec Philippe Dupuy est parti de son livre plié “Une Histoire de l’Art”, dont je suis un protagoniste avec une roue de meccano en guise de tête. Philippe a déjà participé à plusieurs “concerts dessinés” qu’il me dit avoir ressentis comme deux aventures parallèles – l’aventure musicale, celle du dessin – qui ne se rejoignent pas toujours. Notre idée est de réaliser quelque chose de plus mêlé, comme des dessins de Philippe sur les papiers que j’utilise en percussions, et d’autres imbrications qui ne réserveront pas l’image à l’un et le son à l’autre. »

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Après des débuts au hochet comme tout le monde, PIERRE BASTIEN construisit vers dix ans une guitare à deux cordes, à partir des éléments du jeu ” Le Petit Physicien “. Vers quinze ans il élabore une première machinerie consistant en un métronome flanqué à droite d’une cymbale, à gauche d’une poêle à paella.

Ces expériences enfantines pourront paraître dérisoires, elles le sont à peine comparées à ses premiers actes de musicien adulte, puisqu’il a d’abord l’occasion de jouer du torchon de vaisselle, le maniant comme un fouet pour le faire claquer devant le micro, dans le disque ” Parallèles ” de Jac Berrocal. De ce disque le public retiendra surtout un titre, ” Rock’n Roll Station ” avec Vince Taylor, Berrocal à la bicyclette, et Bastien dans un ostinato d’une note à la contrebasse.

Malgré ce départ peu conventionnel, et grâce peut-être à la survivance simultanée d’un certain esprit dada chez ses contemporains, Pierre Bastien est alors amené à travailler avec de grands artistes : Dominique Bagouet, Pascal Comelade, Pierrick Sorin, DJ Low, Robert Wyatt ou Issey Miyake.

En même temps il a longuement construit et mis au point un orchestre domestique et privé fait de dizaines de robots en Meccano, joueurs d’instruments de musique traditionnels et parfois d’objets usuels. C’est avec ces machines regroupées sous le terme Mecanium, et d’autres issues de pratiques voisines, qu’il enregistre ses albums et donne ses concerts.

Le dispositif musical de Pierre Bastien, articulé autour d’instruments traditionnels, de moteurs, d’objets et de papier, est à la croisée de le musique savante et populaire. Savante car le territoire de Pierre Bastien est d’abord un territoire littéraire, nourri de surréalisme et de toute une littérature qui, d’André Breton à Raymond Roussel, des dessins et peintures mécanomorphes de Francis Picabia aux pays imaginaires d’Henri Michaux, opère à sa façon un renversement du réel. Mais populaire, également, car les airs instrumentaux qui s’y déroulent, les espaces poétiques ainsi ouverts, touchent à la part d’enfance, à l’émerveillement, des musiques traditionnelles africaines au jazz primitif de Joe King Oliver, en passant par les gestes musicaux d’artistes comme Moondog, singuliers et outsiders.

Organisés autour de machineries, miniatures et fragiles, mais aussi d’ombres, d’images et de superpositions, les concerts et installations de Pierre Bastien ouvrent un espace de visualisation, qui existe autant sur scène que sous nos paupières : flûtes d’outre-tombe, mains sans têtes, femmes musiciennes, boucles et bulles d’eau jouées à la trompette forment alors une matrice d’où s’éveille une singulière magie, celle des minuscules instants qui transforment certains concerts en grands moments.

« La première fois que j’ai entendu Pierre Bastien, j’aimais les musiques ethniques, mais je ne le savais pas ; j’aimais le jazz, mais je ne le savais pas ; j’aimais le sampling, mais je ne le savais pas. Un jour, j’ai découvert tout ça, et j’ai compris pourquoi sa musique m’avait impressionné, d’emblée. »– Dominique A.

« Pierre Bastien fait de la très grande musique avec de très petites machines »– Gilles Tordjman

« Une musique délicate et hypnotique aux allures de songes éveillés »– Philippe Robert

Site Web

PHILIPPE DUPUY est né le 15 décembre 1960 à Sainte-Adresse. Son premier essai de bande dessinée paraît en 1980 dans l’éphémère revue AÏE !, suivi de collaborations épisodiques et discrètes à divers fanzines, dont P.L.G.P.P.U.R., où il fait la connaissance de son futur complice Charles Berberian, en 1983. En quelques années, cet étonnant duo à quatre mains développe un style personnel et élégant. Qu’ils racontent les mésaventures de leur anti-héros Monsieur Jean, dévoilent le journal intime de la petite Henriette ou animent de grandes campagnes nationales (Loterie, Vins Nicolas, SNCF, etc.), Philippe Dupuy et Charles Berberian signent toujours de magnifiques pages qui rivalisent d’humour et de charme. Ils essaiment leurs albums chez Magic Strip, Audie, Comixland, L’Association, les Humanos, avant de s’établir pour de bon chez Dupuis. Le jury du Festival de la bande dessinée d’Angoulême leur a décerné son Grand prix en 2008.

On connaît Philippe Dupuy pour son travail d’auteur de bande dessinée. On sait moins, en revanche, que le dessinateur est un grand amateur d’art ; qu’il fut l’élève, sur les bancs des Arts déco, du célèbre critique d’art Pierre Cabanne ; qu’il n’a depuis cessé de nourrir sur le sujet une réflexion passionnée.

“Une histoire de l’art” est l’occasion d’en savoir plus sur son rapport aux œuvres et aux artistes. Conviant figures de savants et grands créateurs, cette plongée subjective dans ses souvenirs, émotions et pensées est également un brillant exercice de style. Car initialement conçue pour une lecture en ligne sur la plateforme Professeur Cyclope, cette œuvre originale a été dessinée tout en longueur. Aujourd’hui publiée au sein du label Aire Libre dans un tirage limité et signé, elle prend la forme d’un objet tout aussi particulier : un immense leporello, livre dépliable de plus de 23 mètres recto verso, pour une promenade ludique dans les méandres de l’histoire de l’art !

“Un ovni précieux” – Télérama

Un objet incroyable (…) véritable tour de force graphique” – Les Inrockuptibles

“Mon histoire de l’art est subjective, discutable, je me définis comme un historien d’art du Café du Commerce”

Philippe Dupuy pratique le « concert dessiné » depuis de nombreuses années, avec entre autres Rodolphe Burger, Brigitte Fontaine, et Areski Belkacem.